Foi de Femmes

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L'uniforme

Écrit par JC. Posted in Foi de femmes

Antoine était un jeune homme d’une vingtaine d’années. Il était de petite taille et très mince. Il avait une voix fluette que ses interlocuteurs, au téléphone, confondaient fréquemment avec celle d’une jeune femme. Il était timide, peureux et défaitiste. Sur son visage imberbe, ses nombreuses cicatrices laissaient le souvenir d’une sévère acné. Il manquait d’assurance, d’audace et de détermination.
Antoine avait largement été influencé par son oncle Hector qui avait été le seul à l’encourager dans la vie. Oncle Hector était policier. Antoine ayant suivi la voie de l’oncle Hector, était devenu, à la surprise générale, un… policier.

Tante Clémence, dans sa compassion, se demandait comment Antoine réussirait à se faire écouter des voyous, des délinquants, des vagabonds, des criminels et des malfaiteurs. Elle ne lui avait jamais fait part de son inquiétude mais s’était contentée de le féliciter d’avoir intégrer le corps policier.

 Mamie Fabienne conseillait à Antoine de s’associer à un collègue de gabarit impressionnant afin que ce dernier lui serve de garde du corps.

 La jeune cousine Carole avait une question à poser à Antoine mais elle n’en avait pas encore eu l’occasion. Un jour, alors que toute la famille était réunie pour fêter le 6ème anniversaire de Carole, elle s’est écriée : « dis Antoine, ils sont que gentils ceux que tu croises dans ton travail ? Parce que Tata Georgette croyait que tu serais déjà revenu avec un œil au beurre noir vu comment t’es pas trop grand. Comment tu fais ?».

 Plus un bruit. La petite Carole avait jeté un froid. Mamie Fabienne était la première à rompre ce long silence : « C’est pas bien ce que t’as fait Caro, tu vas le faire pleurer ».

 Mais… Antoine ne pleura pas. Intimidé néanmoins, il lança : « Non Caro, ils ne sont pas gentils du tout mais ils ne sont pas aveugles, c’est tout ».

 Mais Carole ne comprit pas. C’est alors que l’oncle Hector, solidaire d’Antoine, l’encouragea à clarifier son explication. L’oncle Hector a toujours su rassurer Antoine. Et voilà donc l’explication d’Antoine :

 « Les gens que je croise ne sont pas sympas. Ils sont même très durs quelquefois mais comme ils ne sont pas aveugles… ils voient mon uniforme. Ce n’est pas qu’ils me craignent moi. Ils craignent  la personne que je suis en uniforme. En effet, quand je revêts mon uniforme, je ne suis plus « Antoine », je suis « l’Etat ». Ainsi, aussi grand et fort que puisse être mon interlocuteur, il reste quand même plus petit et plus faible que l’Etat que je représente. Si je lui dis : « sortez de votre voiture », il sort de sa voiture. Si je dis : « vos papiers », il me donne ses papiers. Et tout cela même s’il n’en a pas envie. C’est pourquoi, je ne tremble pas en leur présence parce que je sais ce que je représente quand je suis en uniforme. Pour tout vous dire, je crains néanmoins de les croiser un jour où je serai en civil parce que c’est l’uniforme qui fait toute la différence. »

Voyez mes sœurs, ce n’est donc pas Antoine qui inspire le respect à ses adversaires (tel qu’il est décrit, il ne saurait même pas faire peur à une mouche). Son secret se trouve dans son uniforme. Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi l’apôtre Paul exhorte à se revêtir de Jésus-Christ (Rom 13 ;14). Ainsi revêtues, nous ne sommes plus « nous » mais nous sommes « Christ », le Héros !

Alors, comment nous présentons-nous face à nos ennemis ? En civil (« nous » avec nos faiblesses) ou en uniforme (« Christ » avec sa force) ?

Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. (Eph 6 ;11)